29 juillet 2026
Le film François.e, porté par Louis Morissette, continue de susciter des réactions contrastées. Au-delà de l'accueil réservé au film lui-même, c'est la critique publiée par le sociologue et chroniqueur Mathieu Bock-Côté qui a particulièrement retenu l'attention.
Selon lui, le véritable sujet du film dépasse largement la transidentité. Il estime que l'œuvre propose une lecture de la société où certains groupes sont valorisés tandis que d'autres sont présentés sous un angle caricatural. Dans son texte, il écrit que « ce film a d'abord pour fonction de tourner en ridicule l'homme blanc, de l'humilier », une affirmation qui résume l'interprétation qu'il fait de l'ensemble du récit.
Mathieu Bock-Côté souligne que le personnage principal, François, scénariste quinquagénaire, échoue d'abord à faire financer ses projets. Selon son analyse, le scénario montre ensuite que la situation change lorsque le personnage adopte une identité trans, ce qui lui ouvre les portes d'un projet télévisuel. Pour le chroniqueur, cette progression narrative est révélatrice de ce qu'il considère comme une critique involontaire des priorités du milieu culturel contemporain.
Il relève également que le personnage retrouve une reconnaissance sociale, familiale et professionnelle pendant cette période, avant de tout perdre lorsqu'il révèle ne pas être réellement trans. À ses yeux, cette évolution du récit ne constitue pas un simple ressort dramatique, mais le cœur même du message du film.
Dans son analyse, Bock-Côté voit aussi dans la conclusion une métaphore plus large de l'évolution du monde culturel. Il écrit notamment que « l'homme blanc doit mourir pour que le nouveau monde naisse », précisant qu'il s'agit de sa lecture symbolique du destin réservé au personnage principal.
Le chroniqueur avance également que le point de départ du film lui paraît révélateur d'un malaise plus profond. Selon lui, le fait que le personnage principal affirme ne plus pouvoir obtenir de financement comme homme blanc constitue déjà un aveu implicite des tensions qui traversent aujourd'hui certains milieux culturels.
Au-delà du scénario, sa critique soulève plusieurs questions qui alimentent le débat public. Comment les organismes de financement évaluent-ils les projets artistiques? Les œuvres engagées sont-elles perçues différemment des autres? Jusqu'où un film peut-il défendre une vision du monde sans être perçu comme militant par une partie du public?
Ces questions ne trouvent pas de réponse unique, mais elles expliquent pourquoi François.e suscite autant de discussions. Pour certains, le film représente une œuvre importante abordant une réalité contemporaine. Pour d'autres, comme Mathieu Bock-Côté, il illustre une tendance plus large du cinéma engagé actuel.
Qu'on partage ou non son analyse, sa critique a contribué à déplacer le débat. Elle ne porte plus uniquement sur les qualités artistiques du film, mais également sur la place des œuvres engagées dans l'espace public, sur les attentes envers le cinéma subventionné et sur la diversité des points de vue dans la culture québécoise.
C'est sans doute ce qui explique pourquoi son texte continue de circuler largement : il dépasse le cadre d'une simple critique cinématographique pour alimenter une discussion plus vaste sur la culture, la représentation et le rôle de l'art dans une société démocratique.

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